Présence de l’État ou autorité réelle : le malentendu qui fragilise la gouvernance

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La phrase de Claude Ibalanky ambassadeur itinérant honoraire du chef de l’État, résonne comme un rappel brutal mais nécessaire : « Beaucoup confondent encore présence et autorité de l’État. » Une confusion lourde de conséquences, particulièrement visible dans plusieurs pays africains et de manière aiguë en République démocratique du Congo.

La présence de l’État se remarque facilement. Elle s’affiche à travers les drapeaux, les bâtiments publics, les uniformes, les barrières routières ou encore les bureaux administratifs disséminés sur le territoire. Mais cette présence, aussi visible soit-elle, ne garantit en rien l’existence d’une autorité réelle et fonctionnelle.

L’autorité de l’État, elle, se manifeste autrement. Elle se ressent lorsque la loi est appliquée de manière équitable, lorsque la justice tranche sans pression, lorsque la police protège le citoyen au lieu de l’inquiéter, lorsque l’administration délivre des services efficaces, et surtout lorsque les décisions publiques s’imposent à tous, y compris aux plus puissants.

Un État peut donc être présent partout et pourtant rester faible. Dans ce cas, il ne s’agit que d’une façade institutionnelle, incapable d’imposer le respect des règles et de garantir les droits fondamentaux. Cette situation fragilise la légitimité même de l’État et nourrit un sentiment d’abandon chez les citoyens.
La question des taxes routières illustre parfaitement ce malaise. Lorsque l’État impose des prélèvements aux usagers sans offrir en retour des routes praticables, une circulation fluide, ni des services de base, il rompt le principe fondamental du contrat social. L’impôt, censé financer le bien commun, devient alors un symbole d’injustice et d’abus.

Dans ces conditions, gouverner ne consiste plus à servir, mais à contraindre. Et cette logique érode progressivement la crédibilité de l’État, tout en sapant la confiance du peuple envers ses institutions. Un citoyen qui ne voit aucun bénéfice concret de ses contributions finit par se désengager, voire par contester ouvertement l’autorité publique.

Restaurer l’autorité de l’État ne se résume pas à renforcer la présence administrative ou sécuritaire. Cela exige des actes concrets : l’application rigoureuse des lois, la lutte contre l’impunité, la transparence dans la gestion des ressources publiques et la fourniture effective des services essentiels.

Comme le souligne Claude Ibalanky, le réveil est maintenant. L’État est aujourd’hui face à un choix clair : demeurer une structure visible mais inefficace, ou redevenir une institution respectée parce qu’elle protège, sert et rend justice.

La vraie autorité ne s’impose pas par la force des symboles, mais par la force de la légitimité.

La Rédaction 


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