La Société civile du Congo (SOCICO) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des initiatives diplomatiques visant la paix en République démocratique du Congo, sans résultats tangibles pour les populations civiles durement éprouvées par le conflit armé.
Dans un communiqué de presse rendu public ce week-end, la coordination nationale de la SOCICO exprime sa vive inquiétude quant à la succession de processus de paix engagés ces dernières années, notamment à Nairobi, Luanda, Doha, Washington et récemment Lomé, tous poursuivant le même objectif, mais sans effets concrets sur le terrain.
«La population civile, censée être la première bénéficiaire de ces initiatives de paix, continue pourtant de subir les conséquences dramatiques du conflit », déplore Pontien NYEMBO, président national de la Société civile du Congo.
Selon l’organisation, cette prolifération de cadres de dialogue soulève de sérieuses interrogations sur leur cohérence et leur efficacité, alors que les violences persistent dans l’est du pays et que les civils demeurent les principales victimes.
La Société civile prend acte de la rencontre prévue à Lomé entre les parties issues des processus de Washington et de Doha, présentée comme une tentative d’harmonisation. Toutefois, elle met en garde contre le risque d’un énième forum sans impact réel.
«Faire le tour du monde pour des négociations répétitives est-il réellement de nature à mettre fin à l’agression rwandaise et à contraindre les groupes armés à déposer les armes ?», s’interroge le président national de la SOCICO.
La SOCICO appelle ainsi les acteurs nationaux et internationaux à finaliser et appliquer sans délai les accords déjà conclus à Doha et à Washington, dont les engagements tardent à se matérialiser sur le terrain.
L’organisation citoyenne dénonce par ailleurs la position de certains acteurs qu’elle qualifie de “fauteurs de guerre”, qui conditionnent tout dialogue au désengagement préalable d’une des parties au conflit.
«Une paix durable ne peut être construite sur des préalables irréalistes et une logique de confrontation permanente», estime le président de la Société civile du Congo.
Tenant compte du contexte sécuritaire et du fait que plusieurs acteurs de la société civile vivent actuellement en exil à la suite de menaces et d’intimidations, la SOCICO propose que les prochains pourparlers se tiennent à Doha, au Qatar, un cadre jugé neutre, sécurisé et inclusif.
Par cette prise de position, la Société civile du Congo entend replacer les victimes civiles et l’efficacité des accords au cœur du processus de paix, appelant à des engagements responsables et à des actions concrètes plutôt qu’à une diplomatie dispersée.
Fatshi BWANGA
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