RDC | Devant le Congrès américain, Kigali reconnaît enfin son rôle dans la guerre du M23

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Ce qui s’est produit à Washington le 22 janvier constitue un tournant diplomatique majeur dans le conflit à l’Est de la République démocratique du Congo. Pour la première fois depuis le début de la crise, une ambassadrice du Rwanda a reconnu publiquement, devant le Congrès des États-Unis, l’existence d’une coordination sécuritaire entre Kigali et l’AFC/M23.
Il ne s’agit ni d’un lapsus, ni d’une maladresse verbale. Cette déclaration marque une reconnaissance politique sous contrainte diplomatique, après des années de dénégations systématiques, de silences calculés et de récits alternatifs entretenus par Kigali.

Un aveu arraché, pas consenti

Pendant plus d’une décennie, le Rwanda a nié toute implication directe ou indirecte avec le M23, malgré les rapports accablants des Nations unies, des ONG internationales et les accusations répétées de Kinshasa. Aujourd’hui, le discours change. Et ce changement n’est pas le fruit d’une soudaine transparence, mais celui d’une pression internationale croissante.
La RDC, sous la conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi, a mené un travail diplomatique méthodique, multipliant les plaidoyers dans les capitales occidentales, au sein des organisations multilatérales et auprès des partenaires stratégiques. L’aveu de Washington en est l’un des résultats les plus tangibles.

Le M23, un proxy enfin assumé

Derrière l’expression soigneusement choisie de “coordination sécuritaire”, une réalité s’impose : le M23 n’est pas un simple groupe armé congolais, mais un acteur soutenu, encadré et instrumentalisé par Kigali. Cette reconnaissance, même partielle, confirme ce que Kinshasa dénonce depuis des années : la guerre à l’Est est une agression extérieure menée par procuration.
En diplomatie, les mots comptent. Et lorsque l’adversaire commence à admettre ce qu’il niait hier, c’est que le rapport de force a évolué.

De la reconnaissance aux sanctions ?

Cet aveu public ouvre désormais une nouvelle séquence. Pour l’opinion congolaise, il ne peut être question de s’arrêter à une simple reconnaissance verbale. La vérité appelle des conséquences. À Kinshasa comme dans la diaspora, l’attente est claire : des sanctions ciblées, crédibles et dissuasives contre le Rwanda pour son rôle dans la déstabilisation de la RDC.
L’enjeu dépasse le seul cadre congolais. Il touche à la crédibilité du système international, à la lutte contre l’impunité et au respect de la souveraineté des États africains.

Un signal politique fort

Ce moment marque un basculement : le récit longtemps imposé par Kigali commence à se fissurer. La RDC, longtemps sommée de se justifier, voit enfin ses accusations confirmées sur la scène internationale.
Reste désormais à savoir si la communauté internationale transformera cet aveu en actes politiques concrets, ou si la vérité, une fois encore, sera reconnue sans être sanctionnée.

Rédaction 
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