À KAMINA, chef-lieu de la province du HAUT-LOMAMI, une nouvelle affaire aux allures de scandale financier secoue la scène politico-administrative locale. L’Assemblée provinciale, dirigée par son président Jean Tayari KISWA BANTU, a officiellement saisi le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin MVONDE MAMBU, contre le gouverneur désapprouvé Marmont BANZA MULUME, le ministre provincial des ITPR, Urbanisme et Affaires foncières Venance Mutombo NGOY WA NSHIMBA, ainsi que le responsable du DPTO, Félix KASONGO NSENGA.
Des montants colossaux au cœur des accusations
Selon les éléments transmis par l’organe délibérant provincial, les personnes mises en cause seraient poursuivies pour des faits présumés de détournement et de gestion irrégulière de fonds publics. Parmi les montants évoqués figurent notamment plus d’un milliard de francs congolais et 132.000 dollars américains qui auraient été retirés de banques sans pièces justificatives conformes.
À cela s’ajoute une accusation particulièrement lourde portant sur près de 1,8 milliard de dollars américains, présentés comme des fonds perçus illégalement au niveau du pont-bascule de Bukama, un point stratégique pour les recettes liées au transport et à l’activité économique dans la province.
Une offensive institutionnelle contre l’impunité
L’initiative de saisine judiciaire intervient dans un climat politique déjà tendu, après les prises de position de certains députés provinciaux, dont Basile MULEBA TSHINWISHI et Séraphin MUKAYA MALOBA WA MWANA, qui avaient publiquement dénoncé des présumées irrégularités dans la gestion provinciale.
L’Assemblée provinciale affirme vouloir rompre avec ce qu’elle qualifie de «cycle d’impunité» au sein des institutions locales, estimant que la province reste freinée dans son développement par des pratiques de mauvaise gouvernance et de gestion opaque des ressources publiques.
Enjeux politiques et tentatives de médiation
Cette affaire prend également une dimension politique, les responsables visés étant associés, selon certaines sources, à des formations politiques nationales, notamment l’AREP et des proches de figures influentes de la majorité. Le gouverneur désapprouvé est par ailleurs présenté comme cadre politique lié à l’entourage de Jean-Michel SAMA LUKONDE, actuel président du Sénat.
Des tentatives de réconciliation institutionnelle auraient été évoquées par plusieurs personnalités nationales, dont le vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain SHABANI, la vice-ministre des Finances Gracia YAMBA KAZADI, ainsi que certains élus nationaux, dans l’objectif d’apaiser les tensions entre l’exécutif provincial et l’Assemblée.
Une commission spéciale toujours à pied d’œuvre
Parallèlement à la procédure judiciaire, une commission spéciale de contrôle mise en place par l’Assemblée provinciale poursuit ses investigations. Celle-ci entend établir les responsabilités individuelles et institutionnelles dans la gestion des fonds publics incriminés.
Alors que l’affaire est désormais portée au niveau de la Cour de cassation, cette démarche pourrait marquer un tournant majeur dans la gouvernance du Haut-Lomami, où les autorités provinciales promettent d’aller « jusqu’au bout » pour situer les responsabilités et restaurer la confiance de la population.
Rédaction
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