Des enregistrements fuités d’un chat WhatsApp confidentiel entre élus révèlent des menaces de destitution visant à la fois le perchoir de l’Assemblée provinciale et l’exécutif. Une fronde parlementaire y expose crûment son plan d’évincer deux ténors : d’abord le président de l’hémicycle, Cyril KIMPU, accusé de laxisme présumé face à un gouvernement jugé infructueux, puis le gouverneur Christian KITUNGWA, faute de résultats tangibles.
À la manière de Ponce Pilate, Cyril Kimpu se désolidarise habilement de Christian KITUNGWA afin de se mettre à l’abri de l’offensive des élus, désignant l’exécutif comme bouc émissaire unique d’une supposée débâcle administrative.
Depuis un moment déjà dans le viseur des députés, le président de l’Assemblée provinciale essuie des critiques acerbes, notamment des reproches de complaisance dictée par sa «proximité» avec le gouverneur.
«Moi, je crois que nous sommes collaborateurs en tant que chefs d’institutions jeunes. Nous devrions, à tout prix, travailler tous les deux pour l’intérêt suprême de la population», s’est défendu Cyril KIMPU lors de sa récente conférence de presse, avant d’ajouter : «Si quelqu’un travaille pour son intérêt personnel, il ne sera pas mon ami». Ces propos sonnent comme un désaveu clair, chargé d’accusations à peine voilées contre les failles présumées de l’exécutif.
Le dirigeant de l’organe délibérant joue désormais la carte de l’apaisement. Il annonce l’initiation, en mars, d’une tripartite associant le gouvernement provincial, les élus et la société civile en qualité d’observateur.
L’objectif est d’identifier les lacunes de l’exécutif et tracer des pistes de remédiation. Quatre mois d’ultimatum seront ensuite accordés pour mesurer les avancées concrètes sur le terrain. Implicitement, Cyril KIMPU menace d’user de son pouvoir coercitif en cas de maintien du statu quo au TANGANYIKA, avec un clin d’œil ironique aux voyages du gouverneur.
«Faute de résultats palpables, nous ne saurions accepter que les cinq années de mandat confiées par le peuple soient dilapidées en discours et en voyages sans impact sur la vie de nos concitoyens», a déclaré le speaker de l’Assemblée provinciale.
Des frondeurs prêts à frapper
Des audios chocs ayant fuité révèlent des députés en ébullition, mus par leur «ego».
Ils reprochent au président de l’Assemblée provinciale de bloquer la répartition des parcelles qui leur seraient réservées, dénoncent les arriérés d’indemnités et fustigent l’inaction du speaker face à leurs difficultés quotidiennes, reléguant ainsi les enjeux collectifs et les défis communs au second plan.
Ces députés ulcérés posent un ultimatum : satisfaction immédiate, ou KIMPU et KITUNGWA sautent dès la session de mars. Ils avertissent que toute prise de position pro-gouverneur pourrait déclencher des heurts physiques dans l’hémicycle. Une impunité totale semble régner chez ces mandataires qui, loin d’incarner l’exemplarité promise, se permettent des envolées verbales explosives, au mépris de leur fonction.
«Les députés ont un devoir de modèle pour tous. Ils doivent rester un miroir pour la province et pour la nation, en incarnant une vertu civique irréprochable», commente un observateur.
Mars s’annonce donc comme une session législative sous haute tension. Le gouvernement central met en garde les parlementaires contre les risques de sabotage institutionnel, tandis que ces derniers campent sur leur refus de céder le moindre lambeau d’autorité.
Ildephonse WILONDJA
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