À mesure que se rapprochent les échéances décisives au sein de la FECOFA, le débat autour de la gouvernance du football congolais s’enlise dans une spirale inquiétante.
Loin d’un affrontement d’idées structuré, la scène actuelle donne l’image d’une bataille confuse, où les deux principaux camps, celui de Shabani Nonda et celui de Aziz Makukula, se retrouvent désormais au cœur d’accusations croisées de manipulation, de désinformation et de dérives communicationnelles.
Une campagne qui dérape
Initialement perçue comme une opportunité de renouvellement à la tête de l’instance faîtière du football national, cette séquence électorale est aujourd’hui marquée par une détérioration du climat.
Des contenus douteux, des pages anonymes et des messages orientés circulent massivement sur les réseaux sociaux, brouillant la frontière entre communication politique et manipulation.
Si des accusations ont été portées contre le camp Nonda pour un supposé usage de faux profils, notamment à travers une page attribuée à la joueuse Eva Somo, le camp Makukula n’échappe pas non plus aux critiques.
Certains observateurs évoquent des stratégies de victimisation et une instrumentalisation de ces polémiques pour renforcer sa posture dans l’opinion.
Une responsabilité partagée
Dans cette guerre d’influence, difficile d’identifier une ligne claire entre offensives et contre-offensives. Chaque camp semble réagir aux attaques de l’autre, alimentant un cercle vicieux où la surenchère devient la norme.
Le recours, avéré ou supposé, à des identités fictives, la diffusion de contenus non vérifiés ou encore les campagnes de discrédit indirectes participent à une dégradation préoccupante du débat. Cette dynamique traduit moins une stratégie maîtrisée qu’une perte de contrôle progressive de la communication des deux camps.
Le football relégué au second plan
Au milieu de cette agitation, une réalité s’impose : les véritables enjeux du football congolais passent au second plan. Formation des jeunes, infrastructures, compétitivité des clubs, gouvernance, autant de sujets cruciaux éclipsés par des querelles de communication.
Cette dérive nuit non seulement à l’image des candidats, mais aussi à celle de la FECOFA, déjà fragilisée par des crises à répétition.
L’urgence d’un sursaut
Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à un retour à l’essentiel : un débat d’idées, transparent et responsable. Car au-delà des ambitions individuelles, c’est la crédibilité du processus électoral et l’avenir du football congolais qui sont en jeu.
Dans une période où les réseaux sociaux amplifient chaque message, chaque camp porte une responsabilité majeure. Continuer sur cette voie, c’est risquer d’ancrer durablement une culture de suspicion et de division.
À défaut d’un sursaut rapide, cette élection pourrait laisser des traces bien au-delà des urnes, en installant durablement la méfiance au cœur même du sport roi en RDC.
Shashu Yenga
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