Grand-Kasaï : “Universités inutiles ?”, l’abbé Blaise Kanda démonte une polémique jugée

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Dans un contexte de débats de plus en plus vifs autour des investissements publics en République démocratique du Congo, une question polémique agite l’espace public : les universités modernes construites dans l’espace du Grand-Kasaï sont-elles réellement utiles au développement ? Face à cette controverse, l’abbé Blaise Kanda livre une réponse sans détour, mêlant indignation, pédagogie et appel à la lucidité collective.

Une vision à long terme face aux critiques immédiates

Pour l’homme d’Église, le débat est mal posé. Opposer universités et développement immédiat relève, selon lui, d’une incompréhension profonde du rôle de l’enseignement supérieur. « L’université est un investissement », martèle-t-il, rappelant que partout dans le monde, les retombées sont d’abord visibles sur le long terme.
Dans des villes comme Mbujimayi, Kananga ou encore Bunia, l’implantation ou la modernisation d’infrastructures universitaires suscite un réel espoir. Pour de nombreuses familles, c’est la fin d’un exil académique coûteux et douloureux pour leurs enfants.

La dignité d’étudier chez soi

Au-delà des chiffres et des politiques publiques, l’abbé insiste sur une dimension souvent négligée : la dignité. 
« Connaissez-vous la honte d’une province sans université bien construite ? », interroge-t-il.

Pendant des décennies, des milliers d’étudiants ont été contraints de quitter leur province d’origine pour poursuivre leurs études, avec toutes les difficultés économiques et sociales que cela implique. La construction d’universités locales apparaît ainsi comme une réponse concrète à une injustice territoriale.

Une réponse ferme aux détracteurs

Face aux critiques, le ton se durcit. 
L’abbé dénonce ce qu’il considère comme une incohérence : ceux qui bénéficient eux-mêmes de diplômes universitaires seraient aujourd’hui les premiers à minimiser leur importance.

« Si les universités sont inutiles, commencez par déchirer vos diplômes », lance-t-il, dans une formule provocatrice qui résume l’essence de son argumentaire.

Il va plus loin en pointant une attitude qu’il juge nuisible : la tendance à dénigrer systématiquement toute avancée, quelle que soit son origine politique.
Pour lui, reconnaître un progrès ne signifie pas renoncer à son esprit critique, mais simplement faire preuve d’honnêteté.

Le savoir, au-delà des besoins primaires

Dans une réflexion presque philosophique, l’abbé rappelle que l’être humain ne se limite pas à ses besoins matériels. 
« L’homme n’est pas qu’estomac, il est aussi cerveau », affirme-t-il.

Selon lui, nourrir une population ne se résume pas à l’alimentation ou aux infrastructures de base. L’accès à la connaissance, à la formation et à la recherche constitue un pilier fondamental de toute société aspirant à un développement durable.

Un plaidoyer pour l’unité et la reconnaissance des progrès

En filigrane, le message de l’abbé Blaise Kanda dépasse la seule question des universités. Il appelle à un changement d’attitude dans le débat public congolais : moins de mépris, moins de radicalité, et davantage de reconnaissance des efforts accomplis.

« Le bien reste bien, même s’il vient d’un autre politicien », conclut-il, invitant à dépasser les clivages pour valoriser chaque avancée, aussi modeste soit-elle.

Dans une RDC en quête de repères et de progrès, ce plaidoyer en faveur de l’éducation comme levier stratégique rappelle une évidence souvent oubliée : les grandes transformations commencent toujours par de “petits pas”.

Fatshi BWANGA 
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