Face aux appels au boycott de l'opposition et de la rébellion, la petite-fille du président Joseph Kasa-Vubu casse les codes et refuse la politique du pire : « Le dialogue n'est pas une faiblesse ».
Alors que le débat politique tourne à l'affrontement verbal et à la radicalisation des postures, une voix dissidente et chargée d'histoire vient de bousculer les certitudes du paysage politique congolais. Caroline Kiatazabu, figure de proue du Kongo-Central et petite-fille du premier président de la République, Joseph Kasa-Vubu, a choisi d'assumer publiquement une position tranchée : celle de la concertation, au détriment de la politique de la chaise vide.
Rupture avec le discours de la ligne dure
En se prononçant ouvertement en faveur d'un dialogue national, la dirigeante Ne-Kongo vient directement fissurer la grille de lecture imposée par le bloc d’opposition C-64, la coalition « Sauvons la RDC » ainsi que le mouvement rebelle AFC/M23. Pour ces derniers, toute tentative de négociation ou de concertation avec le pouvoir équivaudrait à une capitulation pure et simple.
Une vision réductrice que rejette catégoriquement Caroline Kiatazabu. Pour celle qui a exercé des responsabilités politiques majeures au Kongo-Central, la mémoire politique et le respect des pères fondateurs ne sauraient se résumer à des incantations nostalgiques. Ils exigent au contraire un sens aigu des responsabilités, la recherche prioritaire de la cohésion nationale et le courage du compromis lorsque les fondations mêmes de la République vacillent.
«Aucun descendant de Kasa-Vubu ne peut relayer les positions des ennemis de la RDC»
S'exprimant sans détour, la leader Ne-Kongo refuse d'associer la posture du dialogue à une quelconque complaisance vis-à-vis des agresseurs du pays.
«Le peuple voit très clairement qui se bat pour libérer la RDC du joug du Rwanda. Aucun descendant de Kasa-Vubu ne peut relayer dans les médias les positions des ennemis de la RDC», a-t-elle affirmé avec fermeté, renvoyant dos à dos les faucons des camps opposés.
Pour Caroline Kiatazabu, rejeter le principe d'une table ronde avant même d'en avoir fixé les contours et l'ordre du jour ne relève pas de la bravoure politique, mais d'une fuite en avant.
Dépasser la surenchère verbale
Dans une crise congolaise aux multiples dimensions sécuritaire, politique et sociale, l'ancienne responsable provinciale invite à dépasser le stade de l'invective. Selon elle, l'enjeu ne consiste plus à savoir qui crie le plus fort sur la scène publique, mais bien qui accepte de s'asseoir à la table des négociations pour bâtir une solution durable pour le Congo.
En rompant le consensus des tenants du blocage, Caroline Kiatazabu repositionne la ligne du pragmatisme et remet le dialogue national au centre du jeu politique.
RLM
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