Le temps finit toujours par révéler le vrai visage des traîtres. À Goma, le 31 janvier 2026, la présence de Claude Ibalanky aux côtés de Corneil Nangaa et Bertrand Bisimwa, figures associées à l’AFC/M23, a dissipé les derniers doutes. Ancien ambassadeur itinérant honoraire du Chef de l’État et ex-coordonnateur du suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Ibalanky affiche désormais ouvertement son camp : celui de l’ennemi.
Ses appels récents au « dialogue » sont perçus par plusieurs observateurs comme une manœuvre de diversion. De quel dialogue peut-il être question alors que l’AFC/M23 est régulièrement présentée comme une milice instrumentalisée par le Rwanda ? Pour ses détracteurs, la réalité est simple : Claude Ibalanky n’a pas rejoint le M23 aujourd’hui, il y a toujours été.
Un parcours jalonné de soupçons
Issu à l’origine des rangs du PPRD, Claude Ibalanky a intégré l’entourage du Président Félix Tshisekedi par l’entremise de Fortunat Bifort Biselele et Yan Mfumuti, deux figures décrites comme proches de Kigali. Nommé par le Chef de l’État, il a très tôt été soupçonné d’agir comme relais d’information au profit du Rwanda. Ces soupçons auraient émergé dès les travaux préparatoires de la SADC à Lilongwe, avant le 42ᵉ Sommet tenu à Kinshasa, qui a vu la RDC accéder à la présidence tournante, une évolution mal perçue à Kigali.
Selon des sources concordantes, Claude Ibalanky aurait été manipulé, orienté et rémunéré par des cercles rwandais. Des noms de hauts responsables militaires et sécuritaires rwandais sont régulièrement cités dans ce dossier, notamment Andrew Nyamvumba, Vincent Nyakarundi, Anaclet Kalibata, Jean Bosco Kazura et Joseph Nzabamuita. Toujours selon ces sources, un prétendu « plan de stabilisation » brandi en RDC aurait été fourni depuis Kigali, tandis que des activités de recrutement du M23 auraient été supervisées dans des camps de réfugiés.
Une rupture consommée
Il est également reproché à Claude Ibalanky d’avoir instrumentalisé des personnalités congolaises au nom du Chef de l’État, sans jamais en référer à ce dernier. Lorsque les autorités congolaises auraient pris la mesure de ce double jeu, Ibalanky a été écarté des cercles officiels. Son basculement assumé vers des mouvements hostiles à l’État congolais se confirme aujourd’hui par sa présence affichée à Goma aux côtés de l’AFC/M23.
Le précédent sud-africain
En Afrique du Sud, Ibalanky s’est illustré par un schéma similaire. Se présentant comme cadre du PPRD tout en dirigeant le Congolese National Congress (CNC), il aurait rattaché unilatéralement cette structure au PPRD sans consultation interne, provoquant une rupture avec plusieurs membres de la diaspora congolaise. Par la suite, la présence croissante de ressortissants rwandais au sein de la structure a renforcé les soupçons d’instrumentalisation politique.
Opacité, centralisation excessive, dissimulation d’alliances et mépris des règles démocratiques : pour plusieurs anciens collaborateurs, le mode opératoire est constant et guidé par une ambition personnelle au détriment de la loyauté nationale.
Vigilance nationale
Des éléments biographiques notamment des origines familiales rwandaises régulièrement évoquées par ses critiques sont également mis en avant pour expliquer certaines orientations politiques attribuées à Claude Ibalanky. Dans un contexte régional marqué par des tensions accrues et l’évolution des équilibres sécuritaires, ces révélations alimentent l’appel à la vigilance.
Pour beaucoup, le peuple a compris.
Et face aux menaces persistantes, la vigilance s’impose plus que jamais.
Rédaction
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