À Kinshasa, l’affaire impliquant Willy Bakonga connaît un nouveau tournant, marqué par la prise de parole d’anciennes élèves du lycée Lycée Madame de Sévigné. Plusieurs d’entre elles évoquent aujourd’hui des faits présumés d’abus sexuels remontant à leur scolarité, dans un contexte où la libération de la parole semble encore difficile.
Parmi ces voix, celle de Neneya Kelokelo, chroniqueuse et ancienne élève, retient particulièrement l’attention. Elle affirme qu’à l’époque, «les élèves préféraient la chicote de papa Ilunga que d’aller au bureau de monsieur Willy Bakonga», une déclaration lourde de sens qui suggère un climat de peur au sein de l’établissement.
Selon elle, de nombreuses victimes présumées sont aujourd’hui devenues adultes, parfois mères de famille, ce qui rend les témoignages plus complexes.
«Il est difficile qu’elles puissent témoigner», souligne-t-elle, évoquant le poids social, la honte et les conséquences personnelles que peut entraîner une telle prise de parole.
Malgré ces obstacles, une dynamique semble s’enclencher. Plusieurs anciens élèves se disent désormais prêts à briser le silence et à dénoncer publiquement les abus qu’ils affirment avoir subis. En parallèle, des collectifs de soutien commencent à se structurer pour accompagner ces personnes dans leurs démarches, qu’elles soient judiciaires ou psychologiques.
À ce stade, ces accusations restent à établir devant les instances compétentes, et aucune décision judiciaire récente n’est venue confirmer les faits allégués. Le principe de présomption d’innocence demeure donc applicable à Willy Bakonga.
Ancien membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Willy Bakonga se retrouve aujourd’hui au centre d’une affaire sensible, susceptible de prendre une ampleur nationale si les témoignages se multiplient et si des procédures sont engagées.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière une problématique plus large : celle des violences sexuelles en milieu scolaire et des difficultés persistantes à faire émerger la vérité, parfois des années après les faits.
Karaj-a-Ntang
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