Le climat politique se tend à nouveau en République démocratique du Congo, sur fond d’accusations graves et de soupçons de manœuvres institutionnelles. L’opposant Olivier Kamitatu dénonce ce qu’il qualifie de « braquage constitutionnel » en préparation, visant, selon lui, à ouvrir la voie à une révision controversée de la Loi fondamentale avant l’échéance présidentielle de 2028.
À l’origine de cette polémique : les déclarations du vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, qui a évoqué publiquement l’éventualité d’une révision de la Constitution. Une sortie qui a immédiatement suscité de vives réactions au sein de l’opposition, où l’on redoute une remise en cause des équilibres institutionnels, en particulier la limitation des mandats présidentiels.
Ancien président de l’Assemblée nationale et co-rédacteur de la Constitution adoptée en 2006, Olivier Kamitatu s’exprime avec le poids de son expérience. Proche de Moïse Katumbi, il met en garde contre toute tentative de modification des dispositions jugées « intangibles », estimant qu’un tel projet risquerait de replonger le pays dans des tensions politiques majeures.
Dans les rangs de l’opposition, le verrou de la limitation des mandats est perçu comme une conquête démocratique essentielle, difficilement négociable.
Toute initiative visant à y toucher est immédiatement interprétée comme une tentative de prolongation du pouvoir en place, ravivant les souvenirs de crises politiques passées liées à des révisions constitutionnelles controversées sur le continent africain.
Du côté de la majorité, aucun projet formel n’a encore été présenté. Certains responsables évoquent toutefois la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays, un argument régulièrement avancé dans les débats institutionnels. Mais l’absence de clarté alimente les spéculations et nourrit la méfiance.
Au-delà des postures politiques, cette séquence relance une question centrale : la révision de la Constitution peut-elle être un exercice serein et consensuel dans un contexte de forte polarisation politique ? En République démocratique du Congo, où les équilibres institutionnels restent fragiles, le moindre signal de réforme constitutionnelle sensible agit comme un catalyseur de tensions.
À mesure que 2028 se profile à l’horizon, le débat autour de la Constitution s’annonce comme l’un des enjeux majeurs de la vie politique congolaise. Entre soupçons de dérive et nécessité d’évolution institutionnelle, la ligne de fracture semble déjà tracée.
Rédaction
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