La scène politique congolaise est régulièrement traversée par des déclarations virulentes, souvent chargées d’émotion, mais aussi de mémoire. Parmi celles qui refont surface, une sortie de datant du 8 décembre 2005 continue d’alimenter les débats.
À l’époque, alors qu’il appelait à voter « oui » au référendum constitutionnel, l’ancien chef de l’État rejetait fermement toute idée de nouvelles négociations politiques :
«Je dis niet. Il n’y aura pas de nouvelles négociations avec qui que ce soit. Moi et tout le peuple congolais en avons assez des négociations…»
Interrogé ensuite sur les critiques de concernant sa nationalité, répondait avec détachement, avant de recourir à une formule restée polémique :
«Le chien aboie, la caravane passe. Mais attention, la caravane peut aussi écraser le chien.»
Ces propos, perçus par certains comme une attaque directe contre une figure majeure de l’opposition, n’avaient pas suscité, à l’époque, une indignation généralisée au sein de la classe politique.
Aujourd’hui, dans un contexte différent, les réactions sont parfois plus vives lorsque des propos jugés offensants émergent dans le débat public, notamment après certaines déclarations du président visant son prédécesseur.
Cette évolution soulève une question centrale, celle de la constance dans l’indignation.
Pourquoi certaines paroles passent-elles sous silence à une époque, pour devenir inacceptables à une autre ? La mémoire politique semble parfois sélective, influencée par les rapports de force du moment.
Au-delà des rivalités individuelles, ce débat met également en lumière une problématique plus profonde : la banalisation des discours stigmatisants, y compris à caractère communautaire.
Pendant des années, certaines communautés notamment les Baluba ont été la cible d’insultes et de propos discriminatoires sur les réseaux sociaux, souvent sans réaction à la hauteur de la gravité de ces dérives.
Face à cette réalité, un recentrage du débat s’impose. L’essentiel ne devrait pas résider dans l’escalade verbale ou les règlements de comptes politiques, mais plutôt dans les enjeux fondamentaux : la gouvernance, la cohésion nationale, les réformes institutionnelles et les défis sécuritaires auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Car au-delà des mots, c’est l’avenir du pays qui est en jeu et celui-ci exige davantage de responsabilité que de passion.
Fatshi BWANGA
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