Face à la polémique qui enfle après les récents propos du Chef de l'État Félix Tshisekedi, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu et figure politique majeure, Julien Paluku, brise le silence.
Pour lui, il ne s'agit pas d'une injure de l'actuel Président, mais du rappel historique d'un mépris rwandais bien connu des coulisses du pouvoir de l'époque.
Une vérité historique sortie des coulisses d'Uvira
Alors que la toile et les états-majors politiques s’agitent autour de l'expression qualifiant Joseph Kabila de «chien», Julien Paluku recadre le débat. Selon lui, cette formule trouve sa source initiale à Kigali, dans la bouche même du président rwandais Paul Kagame, bien avant d'être évoquée par Félix Tshisekedi.
«Félix Tshisekedi n'a pas insulté Joseph Kabila, mais il a plutôt répété les propos de Paul Kagame devant Louis Michel en 2004. Je me souviens très bien de la réponse de Paul Kagame à Louis Michel : "Hypolite ne sait pas quoi faire sans moi, il est un chien lié à mes ordres".»
Ce traitement dédaigneux de la part du leader rwandais envers l'ancien président congolais (faisant ici référence à son nom d'emprunt de l'époque du maquis) n'aurait pas été un cas isolé, mais une habitude solidement ancrée.
Des témoins encore vivants
Julien Paluku va plus loin en dévoilant les secrets des réunions nocturnes de l'époque, passées sous silence mais gravées dans les mémoires des officiels congolais de la ceinture de sécurité de l'Est.
«C'était les propos tenus si souvent par Paul Kagame lorsqu'il pouvait parler du Congo à ses parents. Il en avait encore tenu devant Nicolas Sarkozy, en présence de Kalev Mutomb, et moi à l'époque je fus gouverneur. C'était dans une réunion la nuit à Uvira.»
L'ancien chef de l'exécutif provincial du Nord-Kivu affirme que ces provocations étaient un secret de polichinelle pour l'entourage direct du pouvoir de Kinshasa sous l'ancien régime.
«La majorité de mes collègues avec qui on travaillait dans la ceinture de Joseph Kabila connaissent ces insultes de Kagame. Alors moi, je suis étonné de voir les Congolais s'agiter, comme si c'était la première fois d'avoir traité leur petit Dieu d'un chien.»
Un appel à cesser l'agitation
Par cette mise au point, Julien Paluku tente de désamorcer une crise de communication qui prend des allures de conflit inter-congolais, rappelant que le véritable adversaire historique dans l'usage de ces termes méprisants se trouve de l'autre côté de la frontière. Reste à savoir si cette clé de lecture historique suffira à calmer les tensions entre les partisans des deux dirigeants congolais.
Natacha NDOMBELE
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