RDC–Football : Frédéric KITENGIE sonne l’alarme sur le déclin congolais et loue le «management à distance» de Moïse KATUMBI

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Dans un espace de débat en ligne, le manager sportif Frédéric Kitengie Kinkumba a livré un diagnostic sans concession sur la chute du football congolais face à la montée en puissance de la Tanzanie, tout en rendant un hommage appuyé à l’influence persistante de Moïse Katumbi, même éloigné du pays.

« La Tanzanie prend nos joueurs et même nos entraîneurs » : le constat amer d’un recul régional

Le premier signal d’alarme concerne la perte de rayonnement de la RDC dans la sous-région. Kitengie rappelle qu’hier encore, il se rendait en Tanzanie pour y dénicher des talents comme Samata. Aujourd’hui, la dynamique s’est inversée :
« La Tanzanie non seulement prend nos joueurs, elle prend même nos entraîneurs. »

Pour lui, ce basculement n’est pas anodin : il reflète une désorganisation structurelle du football national. Le manque de cadres compétents et d’éléments de qualité sur le terrain se paie cash, et la baisse de niveau en championnat devient lisible dans les résultats continentaux.

Katumbi : un « manager hors pair » dont l’absence se fait sentir... mais pas sur le plan financier

Contrairement à certains discours, Kitengie écarte d’emblée l’idée d’une crise liée aux moyens financiers :
« Sur le plan financier, il n’y a pas de problème. On n’a pas besoin de sa présence pour résoudre les problèmes financiers. »

Ce qui manque, c’est la vision et le pilotage opérationnel de Moïse Katumbi, qu’il qualifie de « manager hors pair ». L’anecdote est édifiante : il y a deux semaines, alors que Kitengie se trouvait en Afrique du Sud après une défaite, Katumbi l’a personnellement appelé pour lui demander de rentrer vite afin de relancer le championnat.

Mais le plus frappant est ce que ses collègues lui ont confié après une visioconférence avec le président :
« Après la réunion, un collègue m’appelle et me dit : ce n’est pas possible. Le président qui est en dehors, on a travaillé avec lui et on a l’impression que nous, on ne connaît même pas nos propres joueurs. Parce que c’est lui qui nous donne les étapes sur l’un, sur l’autre. »

Un suivi des entraînements... depuis sa salle de cinéma en Afrique du Sud

Kitengie décrit avec précision la méthode Katumbi, même à distance :
« Là où il est, le président Moïse prend le temps d’entrer dans sa grande salle de cinéma et de suivre les entraînements de son équipe sur l’écran. À l’issue de l’entraînement, il peut faire une séance de travail avec les entraîneurs. »
Et de lancer une question rhétorique :
« Voyez quelqu’un qui sur le plan physique n’est pas là mais fait des choses pareilles, qu’est-ce qu’il ne ferait pas s’il était présent ? »

L’anecdote Samata : la preuve par l’exemple d’un management psychologique d’exception

Pour illustrer concrètement l’apport de Katumbi, Kitengie revient sur un épisode marquant en Ligue des champions. Samata, meilleur buteur de l’équipe, traversait une traversée du désert : 5 matchs sans but ni passe décisive. Le comité technique proposait de le mettre sur le banc.

Réponse de Katumbi :
« J’accepte votre idée, elle est bonne, mais laissez-moi m’occuper de ce joueur. »

Pendant une semaine, après chaque séance, il prenait Samata en tête-à-tête de 5 à 10 minutes. Résultat au match suivant contre le Soudan :
5 buts à 1, avec 4 réalisations et 1 passe décisive de Samata, soit une implication sur l’intégralité des buts.
« Voyez la présence de Katumbi, c’est quelque chose d’extraordinaire chez nous. »

Enjeu sous-jacent : le vide laissé par l’absence de Katumbi dans le football congolais

Au-delà des anecdotes, Kitengie pointe un problème de gouvernance sportive. L’organisation nationale vacille, et c’est justement ce vide que comble, tant bien que mal, un président exilé qui continue de piloter son club à distance. Le contraste est saisissant entre une fédération en perte de vitesse et un manager dont l’emprise mentale sur ses joueurs reste intacte, même à des milliers de kilomètres.

En conclusion, l’intervention de Frédéric Kitengie Kinkumba dresse le portrait d’un football congolais à la croisée des chemins : fragilisé sur le plan régional, mais qui trouve encore dans l’aura et la méthode d’un homme — Moïse Katumbi — un levier de performance individuelle et collective. Reste à savoir si cet exemple isolé suffira à enrayer la chute annoncée.


La Rédaction
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